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Beaucoup de parents viennent me voir parce qu’ils n’arrivent plus à gérer leur enfant. Il a 3, 4, 5 ans, hurle dès qu’on lui dit non, et enchaîne crises sur crises. Les parents ont l’impression d’avoir tout essayé mais rien ne marche, leur enfant est un véritable petit tyran.
Revenons sur l’autorité et ses bienfaits…

La difficulté à se montrer autoritaire tient d’abord à l’histoire personnelle de chacun. Pour mettre des limites à ses enfants il faut se sentir le droit de le faire, se sentir « légitime » dans sa place de parent.
Et puis tout dépend du rapport à l’autorité qu’on a eu enfant. Une éducation laxiste peut ne pas nous avoir donné de repères sur ce qu’est une juste autorité et à l’inverse, on peut protéger nos enfants et ne pas vouloir leur infliger ce qu’on a subit enfant avec des parents tyranniques. Tout ça étant souvent bien inconscient.

La pratique prouve que l’enfant « répond » au message inconscient de son parent, à ce qu’il a dans sa tête, et beaucoup moins à ce qu’il dit. Si le parent n’interdit pas la transgression, ou intervient sans être très sur de lui, sans y croire vraiment ou en culpabilisant, l’enfant pensera qu’il l’approuve et même qu’il désire la transgression. Et dès lors il va les multiplier.

Mais à côté de ces entraves personnelles il y a un problème plus sociétal. Pour mettre des limites à son enfant, il faut savoir à quoi elles servent. Et aujourd’hui on a oublié que l’autorité constitue un point d’appui essentiel au développement et à l’épanouissement de l’enfant. Les parents que je rencontre ont peur de porter atteinte à la personnalité de leur enfant, à sa créativité, à sa liberté. Ils ont peur d’abuser de leur pouvoir, de n’hausser le ton que pour leur tranquillité.

A quoi servent les limites :
Elles sont indispensables à la construction d’un enfant.
Sans limite il reste l’otage de ses pulsions. Il est emporté par ses envies, incapable de se contrôler. Il veut il prend, il n’est pas content il frappe ou hurle. Il n’apprend pas à se mettre lui même des limites ce qui lui sera indispensable adulte. Et à cet âge où penser et faire sont très proches et où les pensées agressives sont fréquentes (et normales) il vit dans l’angoisse et la culpabilité. « Si je veux me débarrasser de mon père (à cause de qui je ne peux pas avoir ma mère pour moi tout seul), qui va m’empêcher de le tuer ? »
De plus, en ne balisant pas le monde d’interdits, de règles et de limites, le parent en fait une jungle où tout peut arriver. Un parent laxiste ne rassure pas son enfant. « S’il ne peut pas me faire obéir comment pourrait il me protéger ? » Chez ces enfants ont retrouve fréquemment cauchemars, peur du noir, des loups et des voleurs.

Quelles limites mettre en place ?
Je dis souvent aux enfants que les parents ont un « travail de parent », c’est leur devoir. Et dans ce qui nous intéresse ici, le parent a le devoir de permettre à l’enfant d’accéder aux règles de la vie humaine, seule condition à sa liberté et à son bonheur. Donc :
– C’est un humain et chez les humains on parle. Il n’est donc pas question de régler ses problèmes à coup de griffes ou de dents.
– Le monde comporte des règles qui nous permettent de vivre ensemble et que nous devons respecter. Je ne peux pas faire n’importe quoi (traverser n’importe où me fait courir un grave danger mais aussi au conducteur de la voiture), je n’ai pas tous les droits (les affaires de mon frère sont les siennes et je ne peux pas les lui prendre sans lui demander), je ne peux pas tout avoir (inutile de se rouler par terre dans les magasins) et quand je veux parvenir à quelque chose il y a toujours un prix à payer (on ne joue pas Mozart au deuxième cours de piano).
– Il est un enfant et il y a ses parents qui sont des adultes. Et ce n’est pas la même chose. Et il en est de même pour ses frères et soeurs quel que soit leur âge, question de génération. Ce n’est pas à lui de décider pour sa famille et il ne parle pas à ses parents comme à ses copains. L’enfant doit aussi apprendre à respecter la vie des adultes et du couple. On ne mobilise pas sa mère jusqu’à 23h alors que le père (ou un bon livre) l’attend. On n’empêche pas son père de raconter sa journée en hurlant à tue tête. On ne rentre pas dans la chambre des parents sans y être invité…
Ce qui est très important que l’enfant comprenne c’est que ces règles de vie, que son parent lui impose aujourd’hui, ne lui sont pas réservées et ne viennent pas d’être inventées. Ce sont les règles du monde et les adultes y sont également soumis. Etre empêché dans son désir immédiat n’est pas toujours drôle et vous le comprenez, ça peut même faire souffrir mais on ne se construit pas sans cette souffrance-là. C’est le prix à payer pour être un adulte libre et heureux.

Pour en parler n’hésitez pas à me contacter

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