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De nombreuses consultations sont demandées parce que les enfants ne s’entendent pas : disputes, jalousie, rivalité… La difficulté à trouver sa place engendre des symptômes (agressivité, difficulté à se concentrer…) qui encombrent l’enfant mais aussi la vie de la famille.

De plus, dans les consultations adultes, il n’est pas rare d’entendre des souffrances profondes qui prennent racine dans le vécu fraternel de la première enfance, des rivalités qui ont blessé et fragilisé l’adulte en devenir.

Penchons nous sur ce lien si particulier…

L’expérience du lien fraternel est un premier pas dans l’acceptation de l’autre et de sa différence.
C’est un lien qui ne se fonde pas sur le don (comme le lien parents-enfant avec le don de la vie entraînant dette et loyauté), rien n’est là d’emblée, tout est à construire. C’est un lien d’appartenance, donc assez libre, et peut d’ailleurs se couper facilement.

Un enfant se construit dans ce qu’il lit dans le regard de ses parents, dans ce qu’il imagine de leurs attentes. Le regard est un étayage fondamental pour le sentiment d’existence. Alors quand un bébé arrive dans la maison, que le regard parental se détourne de lui, l’enfant a un vécu de perte très profond. Ce n’est pas une histoire de perte d’amour (et d’ailleurs ses parents ne cesse de lui répéter qu’ils continueront à l’aimer) c’est la perte de la sécurité existentielle. Et entre 3 et 5 ans, tous les enfants sont traversés par des questions existentielles (la vie, la mort, d’où ils viennent…) alors quand au même moment ils ne se sentent plus soutenus par leurs parents il y a une peur de disparaître, de ne plus être, comme quand ils n’existaient pas encore. S’accrocher à leurs affaires, leurs jouets, leur chambre est une manière de se rassurer, d’avoir l’impression d’exister. Si je possède c’est que j’existe.

L’aîné se construit donc sur la perte. Il doit apprendre à faire une place, et à la laisser à l’autre. Il doit accepter son existence.
Pour le cadet ce n’est pas facile non plus. Il sera toujours le plus petit, celui qui ne peut pas faire, il se construit sur le manque. Il doit apprendre à imposer sa place, à imposer son droit à l’existence.

Pour s’entendre il faut accepter la perte et les manques, accepter que la vie d’avant ne sera plus jamais. Le rapport au monde de l’enfant se construit en comptant « ce n’est pas juste » « oui, tu as raison ». Il va falloir partager, partager ce qui est donné par la famille mais surtout partager le regards des parents.
Si cette acceptation se fait mal ça va resurgir à un moment de la vie.

Si on veut qu’il y ait entente et respect il faut amener les enfants à accepter le partage. Le rôle des parents est essentiel c’est un rôle d’arbitrage. Le parent doit identifier très clairement ce qui est à chacun et ce qui est commun. Il doit poser une loi, l’énoncer et la répéter sans cesse « tu respecteras l’autre », « tu respecteras son territoire », « tu n’es pas obligé d’aimer ton frère ou ta sœur mais tu es obligé de le respecter ».

Le plus important pour un enfant c’est d’être reconnu dans sa singularité, dans ce qu’il est d’unique et de différent des autres. C’est parce qu’il est respecté par ses parents dans ces différences qu’il va être capable d’accepter la présence de l’autre, qu’il ait aussi des besoins et des attentes.

Les parents doivent être équitables, c’est à dire donner une égale importance aux besoins et aux différences de chacun. Ils doivent sans cesse jouer sur ces différences, montrer en quoi c’est une richesse pour la famille, en quoi ils sont complémentaires. L’un et l’autre ensemble ils peuvent être plus forts, ils ont tout intérêt à s’entendre.

Et le premier pas est peut être en tant que parents d’être convaincus que c’est un cadeau qu’on fait à son enfant, que ce lien est précieux et pourra l’accompagner et le soutenir dans sa vie.

Pour en parler n’hésitez pas à me contacter

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