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Les parents ont souvent une image d’harmonie dans la tête : s’ils étaient de bons parents leurs enfants s’entendraient à merveille. Alors c’est plein de culpabilité qu’ils poussent la porte du cabinet du psy.

Pourtant les disputes sont normales, font partit du développement de l’enfant et ne sont pas à diaboliser. Quand il y a une alternance de disputes et de moments de complicité, qu’on est à égalité tout va bien. La dispute, parce qu’elle est langage, offre à toute la famille l’occasion de dialoguer et d’apprendre. Elle invite parents et enfants à mieux se connaître pour construire ensemble une vraie famille, loin de cette image lisse et sans relief dont nous rêvons.

Mais quand l’agressivité est omniprésente, les disputes et la jalousie envahissante c’est qu’autre chose se joue, et ça mérite de consulter. Quelques exemples :

– Le vécu de la fratrie réactive notre propre vécu. Si on en est conscient ce n’est pas un problème ça permet même parfois de changer de regard sur son propre frère ou sœur. Le problème c’est quand on n’en est pas conscient, qu’on se laisse emporter et qu’on fait des alliances, inconscientes, invisibles, avec son enfant. On va par exemple toujours se placer du côté de l’aîné pour compenser ce qu’il a perdu avec l’arrivée de son petit frère et qu’on a vécu soi même enfant comme une perte intolérable. On va alors l’amener à penser que sa place est terrible et provoquer des sentiments d’animosité envers le voleur de parents. Le petit quant à lui va voir toute l’injustice de ce traitement de faveur et va en vouloir à son aîné. Et lui qui se sent déjà toujours « moins »…

– Les conflits de couple se rejouent souvent dans les disputes de la fratrie. Avec l’enfant de la mère et celui du père. Les enfants sont pris dans une histoire qui n’est pas la leur et vont rejouer des scènes.

– Si la fratrie soutient la construction identitaire, à l’adolescence cela peut prendre une tournure particulière. Parfois, particulièrement quand les enfants sont de même sexe et quand en plus ils sont proches en âge, le frère ou la sœur devient l’autre soi-même, le miroir qui renvoie une image qu’on n’a pas forcément envie de voir. On y voit ce qu’on est et qu’on n’aime pas et on n’y voit pas ce qu’on voudrait être mais qu’on n’est pas. Dans l’agressivité vis à vis de l’autre on retrouve ce reproche de ce que l’autre nous confronte à notre image. Plus les parents mettent en avant leurs différences, plus ils les valorisent dans leur particularités et plus les enfants vont accepter ces différences. Et apprendre à s’aimer.

– Parfois on se croit équitable mais on se trompe de justice. Il y a la justice égalitaire qui consiste à donner pareil à chacun de ses enfants. Les besoins des enfants ne sont pas différencier et ça engendre entre autre rancœur et jalousie. Il y a la justice réparatrice qui consiste à donner plus à celui qui a plus besoin. Là encore ça ne fonctionne pas. Enfin il y a la justice punitive qui consiste à donner en fonction des mérites et qui fait flamber le sentiment d’injustice. L’équité c’est reconnaître que chaque enfant a des besoins différents et que ces besoins doivent être pris en compte avec une égale importance.

Quand les disputes et la jalousie sont permanentes, qu’elles envahissent toute la relation empêchant tout moment de complicité, ce sont des symptômes, une porte d’entrée pour comprendre et réparer ce qui dysfonctionne dans la famille. Il faut saisir cette opportunité.

Pour en parler n’hésitez pas à me contacter

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