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Comme s’il n’était pas assez difficile et questionnant de vivre aux côtés d’un adolescent, la période coïncide pour les parents avec la fameuse crise du milieu de la vie. Comprendre ce qui nous est propre mais aussi essayer de saisir ce que cette épreuve de l’adolescence provoque en nous, adultes, permet sans aucun doute d’en atténuer l’impact. Mettons de côté ce qui se passe pour les ados et concentrons nous aujourd’hui sur les parents.

Retour vers le passé

Vivre à côté d’un ado c’est avoir une multitude de souvenirs qui déferlent. Il y a tous ceux qui font sourire mais pas seulement, et plus l’adolescence des parents a été noire plus les réminiscences vont être douloureuses et risquent d’envahir la vie de l’adulte. Et puis il y a tout ce qui va resurgir de façon inconsciente, des schémas relationnels ou comportementaux qui se sont mis en place à cette époque, des blessures profondes, des sentiments de honte ou de culpabilité ensevelies et qui vont réapparaître, pouvant mettre à mal l’équilibre en vigueur jusque là.

Les parents doivent aussi vivre avec les inévitables déceptions que la vie leur a réservées, alors que leur ado peut encore rêver que tout est possible. C’est bien pour cela que tous les parents déposent chez leurs enfants une partie de leurs espoirs de bonheur et de réparation de leurs souffrances passées. L’essentiel étant de ne pas faire porter trop de missions de réparation à son ado ni de l’ensevelir sous des discours plein d’aigreurs pour le laisser penser et rêver sa propre vie.

La crise du milieu de la vie

C’est l’âge du bilan. Un moment qui amène chacun à revisiter ses années d’adulte passées, et qui confronte aux inévitables déceptions dans ses projets personnels et professionnels. Les capacités physiques diminuent, les mères perdent la capacité d’enfanter, ils ne seront plus jamais « jeune quelque chose »… Ils se mettent à penser qu’ils sont à la moitié de leur vie et pensent plus qu’avant à leur mort future. On se rend bien compte ici que si la période n’a rien d’idyllique elle se passe bien pour la plupart des gens mais quand ce regard sur soi est trop dur ou les regrets trop douloureux elle peut faire trauma et entraîner une fuite en arrière, une tentative désespérée de pactiser avec l’ado pour revenir à cette période, une remontée dans le temps pour tenter de jouer la partie autrement. Inutile d’insister sur les dommages entraînés tant pour l’adulte que pour l’ado.

Etre parent d’un adolescent

Avant il y avait les parents d’un enfant. Cet enfant devenu adolescent a tout un travail à faire pour sortir de cette place, pour se séparer de ceux dont l’existence contenait jusqu’alors la sienne, pour devenir « quelqu’un ». Il laisse donc la place vide. C’est le vide qui révèle les contours de la place, qui éclaire d’un coup la fonction que l’enfant tenait dans l’économie psychique et sociale de la famille, son rôle, les missions dont il était investit et qu’il laisse en plan. Cachés pendant des années derrière le voile de la parentalité, les parents vivent une expérience de deuil, deuil de ce qui, chez leur enfant, venait combler et par la même masquer leurs propres manques. Plus l’enfant aura tenu une place centrale dans les préoccupations du père, de la mère ou du couple et plus le sentiment de perte et la dépressivité qui l’accompagne vont être intenses.

L’ado a besoin aujourd’hui de rencontrer l’homme et la femme et non plus le père et la mère. Et c’est le travail des parents de trouver cette nouvelle manière d’être parent, un parent d’adolescent et non plus un parent d’enfant.

Rencontrer un psychologue

Sans doute qu’une des meilleures manières d’aider un ado c’est d’aider ses parents. Les aider à identifier et à redistribuer les cartes de la responsabilité des difficultés, à parler de leur désir d’enfant qui ne trouve plus où s’exprimer, à accepter de se confronter à leurs manques et à trouver de nouveaux aménagements psychiques et relationnels, à revisiter leur adolescence sans avoir besoin de la rejouer. Les aider surtout à supporter ce départ de l’ado en continuant d’être des parents…mais des parents d’adolescent… et profiter de cette crise pour grandir.

Pour en parler, n’hésitez pas à me contacter.

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