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Parfois, suite à la séparation des parents, l’enfant est mis ou se met à une place qui n’est pas la sienne. Cette position, qui n’est pas celle qu’il devrait avoir, met en place des liens négatifs qui peuvent profondément désorganiser son développement psychique et entraîner des processus pathologiques. L’enjeu majeur de la séparation est sans doute de maintenir les places de chacun et chacun à sa place.

L’ENFANT ALIBI
Il est parfois très difficile de partir et l’enfant peut permettre de sauter le pas. Cependant il arrive qu’un glissement se produise, plus facile à penser : On ne part plus pour soit, mais pour le protéger lui.

Le parent répète à l’enfant qu’il s’est séparé pour son bien être à lui, pour lui éviter les coups voir même pour le protéger des disputes conjugales. Attention l’enfant d’un côté se sentira utilisé, manipulé et risque d’alimenter une profonde colère envers son parent et d’un autre côté ressentira une forte culpabilité d’avoir provoqué la séparation de ses parents.

N’oubliez pas que pour l’enfant la séparation parentale est toujours une perte irremplaçable et ceci quels qu’en soient les bénéfices.
Même si l’enfant a été un levier important dans la décision de partir, cela ne le concerne pas et c’est au parent d’assumer l’entière responsabilité de sa décision.

L’ENFANT PARENTALISÉ
Devant les difficultés du parent à se retrouver seul (difficultés réelles ou surévaluées par l’enfant) l’enfant peut penser que c’est à lui de remplacer, de compenser l’absence de l’autre parent. Et certains parents, particulièrement déprimés ou fragilisés par la séparation, le laisse prendre un rôle qui ne lui revient pas, annulant les différences de génération (différences fondamentales mais j’y reviendrai dans un prochain article).

Dans certain cas, en plus de la place laissée vide l’enfant prendra modèle sur le comportement qu’avait le parent aujourd’hui absent, reformant ainsi un couple avec les mêmes dysfonctionnements que le premier.

Différents profils peuvent se retrouver :

  • celui qui décide : L’enfant peut être tenté de prendre le pouvoir. Décider du déroulement de sa garde par exemple lui donnera le pouvoir de frustrer son parent de sa présence. Sous couvert de discuter, de partager, il impose son point de vue d’autant plus facilement s’il sent un fond de culpabilité chez son parent, lequel, pour compenser les souffrances dues à la séparation est prêt à tout accepter.
  • celui qui protège : Lorsque l’enfant sent son parent au bord de l’effondrement il devient sa béquille, son soutien. Il se donne comme mission de sauver son parent, par loyauté d’abord, mais aussi parce que la séparation de ses parents lui a montré la fragilité des liens et qu’il a une peur viscérale de se retrouver seul. Enfin l’enfant peut se sentir responsable des souffrances infligées par son autre parent et chercher à réparer sa faute.
  • celui qui contrôle : Parfois l’attachement parental est excessif et peut devenir aussi bien pour l’enfant que pour le parent un enfermement et une dépendance extrême. Chez ces enfants il est fréquent de retrouver des difficultés d’endormissement et un sommeil agité avec de nombreux cauchemars.
  • celui qui devient partenaire de vie : être « tout » pour son parent peut sembler gratifiant pour l’enfant mais il ne peut s’opposer ou refuser une demande ce serait beaucoup trop culpabilisant, il est et doit rester l’enfant parfait. Position intenable et d’autant plus problématique que ce lien exclusif l’a découragé à investir d’autres soutiens, d’autres liens, nécessaires quand vient l’adolescence.

Quand on se retrouve seul(e) avec son enfant, particulièrement quand c’est un enfant unique, le glissement peut être rapide. C’est pour cette raison qu’il faut être particulièrement vigilant aux signes de mal être de son enfant et ne pas le laisser  s’enfermer dans un mode de relation rigide et pathologique qui l’empêcherait de grandir.

Pour en parler n’hésitez pas à me contacter

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