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Si le risque apparaît comme inhérent à notre vie d’humain, la prise de risque est souvent associée à l’adolescence. Elle fait alors partie de la recherche de soi, c’est une aide à la construction identitaire.

Le besoin vital de l’adolescent est de trouver un sens à son existence et de répondre à ces questions qui ouvrent sa conscience « qui suis-je ? », « d’où est-ce que je viens ? », « de quel désir suis-je né ? » « à quel dessein secret ma naissance fut-elle assujettie ? ». Mais derrière se pose la question de qu’est ce qu’être adulte, être un homme, une femme, et voué à la solitude et à la mort. Prendre conscience de cette fatalité permettra de chercher à la déjouer, en allant vers l’Autre, en aimant. L’être, la mort, l’amour… trilogie essentielle qui traverse l’existence de tout humain et qui inaugure l’adolescence.

Chez la plupart des jeunes la prise de risque est légère et les expérimentations sont comme des rites de passage permettant la reconnaissance par les pairs (et nous savons bien comme c’est important à cette période) et la ponctuation d’étapes de vie.

Mais parfois, et c’est bien ce qui nous concerne ici, les ados prennent de gros risques, régulièrement, et il est nécessaire de ne pas fermer les yeux et de leur venir en aide car leurs comportements témoignent d’une véritable souffrance.

Ces comportements qui doivent inquiéter sont une alcoolisation excessive (comme aujourd’hui les binge drinkings), toutes les formes d’addiction, la mise en danger sur la route, la non protection répétée lors de relations sexuelles, les jeux dangereux, les attaques du corps… On parle aujourd’hui de comportements ordaliques : je joue avec la mort pour me prouver que je suis vivant. C’est un comportement toujours à deux facettes : je m’en remets au hasard, à la vie, au destin (abandon, soumission) mais je sais que rien ne peut m’arriver, je suis tout puissant (tentative de maîtrise). L’ado brave la mort comme pour défier l’idée même de celle ci dans une vaine tentative de fuir le principe de réalité.

Ces ados sont en manque d’identification à l’adulte, de repères pour pouvoir se rêver adulte et supporter les pertes, indispensables, liées à la sortie de la toute puissance infantile. Ils sollicitent symboliquement la mort dans une quête de limites pour exister.

La répétition des passages à l’acte risqués marque la difficulté de parler des émotions. C’est un échec de la parole.  L’agir va permettre aux tensions de se libérer et à l’adolescent de décharger son angoisse mais pour un temps seulement. Alors il va falloir recommencer. Et cette répétition et ce manque de mots risquent d’empêcher la construction identitaire. Les prises de risque apparaissent comme un symptôme de ce qu’on n’arrive pas à dire.

Il semble donc très important que la parole circule et que l’adolescent ait un espace pour mettre des mots sur ce qu’il vit. Le psychologue l’aide à verbaliser ce qu’il ressent, à poser des mots pour donner du sens, à se réapproprier ses actes pour prendre de la distance, à se confronter à l’Autre pour se trouver et s’individuer.

Pour en parler, n’hésitez pas à me contacter.

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